Les responsables de la Réserve fédérale (Fed) décideront s'ils relèvent ou non les taux d'intérêt une fois fermée la porte de leur réunion de juillet, a déclaré mercredi le président de la banque centrale américaine, réaffirmant qu'il ne dérogerait pas à sa règle consistant à ne donner aucune indication prospective.
"Nous allons entrer dans cette salle et fermer la porte, nous allons avoir un débat constructif, je n'ai pas grand-chose d'autre à vous dire", a dit Kevin Warsh lors d'une table ronde organisée dans le cadre du forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal.
"Je ne vais pas donner d'indications prospectives", a-t-il poursuivi, en réponse à une question de Sara Eisen, présentatrice de CNBC. "Sara essaie de me faire enfreindre cette règle. Elle va échouer".
Cette première apparition publique de Kevin Warsh depuis la réunion de politique monétaire de la Fed du mois dernier a lieu lors d'un événement auquel participent également la présidente de la BCE, Christine Lagarde, le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Andrew Bailey, et le gouverneur de la Banque du Canada (BoC), Tiff Macklem.
Ils sont tous confrontés à une forte inflation due à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran février mais pour l'instant, les mesures adoptées par chacun diffèrent.
Les déclarations de Kevin Warsh à l'issue de la réunion de politique monétaire de juin, jugées "hawkish", ont conduit les investisseurs à renforcer leurs paris d'une hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis à partir de septembre, tandis que la BCE a déjà mis en oeuvre cette hausse afin de freiner l'inflation au plus vite.
Les responsables des banques centrales d'Angleterre et du Canada se sont montrés plus réticents à resserrer leur politique monétaire, compte tenu de la faiblesse de leurs économies respectives.
Kevin Warsh a toutefois déclaré que les anticipations concernant la hausse des prix avaient diminué ces dernières semaines, tout en réaffirmant que la Fed restait déterminée à ramener l'inflation à son objectif de 2%.
"Si certains, que ce soit parmi les ménages, dans le secteur des entreprises ou sur les marchés financiers, pensaient que cette banque centrale allait se contenter d'un objectif d'inflation supérieur à 2%, eh bien, j'imagine qu'ils seront déçus : nous allons garantir la stabilité des prix aux États-Unis", a-t-il dit.
(Reportage Howard Schneider, avec la contribution de Michael S. Derby, version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet)

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